Je suis la vieille Rocinante
Plus très belle mais toujours vaillante .
Quand les moulins se mettent à tourner
Et qu'il recherche la douce Dulcinée
C'est pour lui, mon maître, que je trotte,
Haridelle du célèbre Don Quichotte .
Je suis la vieille Rocinante
Plus très belle mais toujours vaillante .
Quand les moulins se mettent à tourner
Et qu'il recherche la douce Dulcinée
C'est pour lui, mon maître, que je trotte,
Haridelle du célèbre Don Quichotte .
Mer de ténèbres, où se noient les fleurs,
Nouvelles étoiles pleurant la lumière .
Elles savent bien que dans quelques heures
Elles se réveilleront moins belles qu'hier .
On n'peut pas arrêter le temps qui fuit .
Je crois que parfois s'y cachent des lapins.
J'ai vu aussi un bel hérisson
Se promenant avec ses nourrissons .
Le pivert a daigné me visiter
Quand les merles avaient le dos tourné .
Et puis, il y a des odeurs, des fleurs,
Tout un monde rempli de couleurs .
Sortir peu à peu de la nuit brune
Arracher quelques taches à la lune
Se couvrir de coulées de soleil
Et devenir la femme arc-en-ciel .
Nous partons à la fête
On a mis nos lunettes
Couvertes de paillettes.
C'est le mariage de Rhino
Le cousin de Maputo
J'ai mis mon noeud papillon
Pour épater les fiers lions .
Je voulais prendre une photo
Mais il s'est pointé le zoziau .
Il s'est placé, là, bien devant .
Pour le chasser, j'ai pas eu le temps.
Alors le flash s'est déclenché
On en a pris plein les mirettes,
Moi, et l'insolente poulette .
En plus, on était mal cadrés
Je n'ai plus qu'à recommencer .
La pluie s'est attardée sur les pétales lisses
Offrant de la fraîcheur aux corolles des lys
Où viennent s'abreuver les frêles coccinelles
Sous l'oeil vigilant de l'accorte hirondelle .
Tous ces diamants posés couronnent le printemps
Qui, avec son ami , le roi soleil ardent
Vient ainsi remercier ses fidèles vassaux
Par une révérence en forme de gouttes d'eau .
Sous leurs ombrelles chamarrées
Passent les belles africaines
Elles marchent le pas assuré
De celles qui se savent reines .